Capasso Giada

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Titre de la thèse : "La lettre et l’esprit. Simplicius et les conceptions néoplatoniciennes de l’harmonie entre Platon et Aristote."

Co-direction : Mme Anca Vasiliu (Université Paris-Sorbonne, Centre Léon Robin) et Mme Arianna Fermani (Université de Macerata)

Thèse soutenue en janvier 2026

Résumé du projet de thèse :

Simplicius, en introduisant les concepts de symphônia et de diaphônia pour décrire la relation entre la philosophie aristotélicienne et platonicienne, articule la liaison entre les deux philosophes et les deux philosophies selon différents niveaux d’interprétation. En effet, selon Simplicius, lorsqu’Aristote conteste Platon, il faudrait aller au-delà de la lettre du texte (lexis) – qui conduirait inévitablement à affirmer la discorde entre les deux – vers son esprit (nous), et essayer de retrouver leur harmonie sur la plupart des questions. On comprend alors que la mise en relation, l’harmonisation ou l’insistance sur les différences entre les systèmes platonicien et aristotélicien ne doivent pas être comprises de manière unilatérale, mais doivent au contraire être définies en faisant attention à leurs articulations possibles – possibilités dont des auteurs comme Simplicius nous montrent la profondeur philosophique. En nous focalisant sur les différents sujets traités par Simplicius – tels que, par exemple, la théorie du langage, l’analyse du monde physique et la doctrine des Idées – l’objectif de notre recherche est de souligner la complexité constitutive de l’exégèse de Simplicius. Après une introduction sur l’analyse historique des concepts d’harmonie et de disharmonie dans la philosophie grecque, l’attention sera portée sur la méthode de l’exégèse néoplatonicienne, afin de mieux comprendre les éléments de continuité ou de discontinuité par rapport à la tradition philosophique et historiographique à laquelle Simplicius était lié. Cette première partie servira pour aborder correctement la deuxième, qui constitue le véritable noyau philosophique de la thèse. Après avoir énuméré et analysé les sources de Simplicius, nous nous pencherons sur les différentes stratégies exégétiques utilisées par l’auteur en fonction des différents sujets d’investigation et des domaines philosophiques divers auxquels il s’applique. Parallèlement aux commentaires de Simplicius, les principaux textes abordés seront la Physique, la Métaphysique et l’Organon d’Aristote, ainsi que le Sophiste, le Parménide et le Timée de Platon. Dans la troisième et dernière partie de la thèse, nous consacrerons notre étude à la réception de Simplicius – et notamment de sa conception de l’‘harmonie’, tant au niveau exégétique qu’ontologique – à la Renaissance, en nous focalisant en particulier sur la polémique entre Pic de la Mirandole et Marsile Ficin autour du thème de la prisca theologia.

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Valsecchi Alessandro

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Titre de la thèse : "L'image du désert : ontologie et exégèse patristiques dans la pensée de Jean Scot Érigène"

Co-direction : Mme Anca Vasiliu (Université Paris-Sorbonne, Centre Léon Robin) et M. Olivier Boulnois (EPHE, LEM)

Financement : Allocation doctorale Sorbonne Université

Thèse soutenue en février 2026

Résumé du projet de thèse :

La thèse porte sur la conception ontologique chez Jean Scot Érigène, et le rapport que le couple conceptuel être / non-être entretient avec les deux notions de multiplicité et d’unité. L’aspect fondamental est la distinction ontologique, qui peut être lue de différentes manières : comme une relation, une opposition, une union. La possibilité de penser l’être et le non-être de ces différentes manières fonde la compréhension de l’univers spéculatif érigénien. Chaque partie de la thèse développe l’un de ces trois aspects : la relation (l’être et le non-être) ; l’opposition (l’être d’une part, le non-être de l’autre) ; l’union (« l’être et le non-être ») Dans la terminologie néoplatonicienne adoptée par Jean Scot, ces trois rapports représentent le mouvement, la multiplicité et l’unité. Cette étude requiert de se confronter avec les sources de Jean Scot Érigène, issues de la tradition philosophique grecque et latine. C’est par la comparaison entre la pensée de Marius Victorinus, Augustin et Boèce d’une part et de Grégoire de Nysse, Pseudo-Denys l’Aréopagite et Maxime le Confesseur d’autre part que le système spéculatif érigénien peut être compris correctement.

 

Reborêdo Lemos Luan

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Luan Reborêdo Lemos est actuellement (01/07/2024–30/04/2025) en séjour de recherche au Centre Léon Robin dans le cadre des accords CAPES-COFECUB. Titre du projet : «  Anaximandre au-delà de l’infini : une histoire naturelle du temps ».

 

Anciennement attaché au projet Clémence Ramnoux : la pensée archaïque à la croisée des sciences de l’Antiquité et des sciences humaines

 

Ancien doctorant en « Philosophie » à l’Université Fédérale de Rio de Janeiro et en « Études grecques » à Sorbonne Université (en régime de cotutelle), chercheur au « Laboratoire OUSIA – Études de Philosophie Classique » et membre du « PRAGMA – Programme d’Études en Philosophie Antique », M. Reboredo Lemos est boursier du programme CAPES-COFECUB (projet nº 841-15/décret nº 19-2014, « Pratiques et théories de la poétique en Grèce antique »). Thèse soutenue en 2022.

Titre de la thèse : « Le temps va-t-il disparaître ? La doctrine d’Anaximandre sur la durée du monde et la durée des choses » / « Como se Grafa o Tempo ? Temporalidade e Escrita na Cosmologia de Anaximandro de Mileto ».

Codirection : Mme Rossella Saetta Cottone (Sorbonne Université) et M. Fernando Santoro (Université Fédérale de Rio de Janeiro).

 

Résumé du projet de thèse :

À partir d’une lecture contextualisée du fragment DK12B1, cette étude montre que la cosmologie d’Anaximandre de Milet était caractérisée par un modèle de temporalité linéaire qui exclut l’idée que l’univers va être détruit un jour. Si la doxographie attribue cette thèse à Anaximandre et en déduit qu’il croyait à l’existence d’une infinité de mondes (successifs ou coexistants), c’est par une mauvaise compréhension du témoignage de Théophraste, qui n’affirme nulle part que chez lui l’univers entier va être détruit et retourner à la substance infinie. Contrairement à ce que prétendent certains interprètes modernes, cette idée n’est pas non plus exprimée dans DK12B1. Lu attentivement, ce fragment exprime simplement que la génération et la corruption des étants sous les enveloppes célestes sont provoquées ou réglées, directement ou indirectement, par le mouvement de la révolution céleste. Identifié au temps, ce mouvement est un principe régulateur du conflit des opposés et est entretenu par le mouvement éternel de la substance infinie, ce qui exclut la possibilité de cataclysmes universels. En ce qui concerne la permanence des choses, l’univers d’Anaximandre se divise en trois niveaux : au premier, embrassant tout, se trouve la substance infinie primordiale, éternelle, sans origine ni fin ; au deuxième niveau se trouve ce qui a été engendré et est impérissable (les astres, reconnus comme des dieux) ; le troisième niveau comprend tous les étants terrestres qui sont engendrés et qui périssent. À tous les niveaux, l’état actuel de l’univers est caractérisé par une stabilité périodique et rien ne semble indiquer la perturbation de cet ordre.

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Bevacqua Flavio

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Titre de la thèse : « Les œuvres du Philosophe Anonyme entre alchimie, quadrivium et philosophie naturelle : édition critique, traduction et commentaire » / « Le opere del Filosofo Anepigrafo fra alchimia, quadrivio e filosofia naturale: edizione critica, traduzione e commento »

Direction : Mme Cristina Viano (Centre Léon Robin) - M. Luciano Bossina (Università degli Studi di Padova)

Thèse soutenue le 18/02/25

Résumé du projet de thèse : Ma thèse consiste en l’étude de la tradition manuscrite et la préparation d’une nouvelle édition critique, avec traduction et commentaire, des œuvres du soi-disant Philosophe Anonyme, un auteur traditionnellement daté entre le VIe et le IXe siècle inclus dans le corpus alchimique grec. Parmi les nombreux manuscrits qui transmettent le corpus alchimique, certains témoins clés ont été identifiés depuis longtemps et serviront de base à l'édition. Cependant, les manuscrits apographes seront considérés en raison du caractère « fluide » des textes alchimiques, qui n’étaient pas seulement lus mais aussi mis en pratique. Cette particularité confère à chaque témoin une valeur scientifique et historique intrinsèque, indépendamment de « l’authenticité » du texte qu’il transmet. Une tentative sera faite pour établir les relations stemmatiques entre les manuscrits, une vexata quaestio que l'état actuel de la recherche ne permet pas encore d’éclaircir.

L’édition critique sera accompagnée d’une traduction et d’un commentaire qui mettra en relief les aspects techniques et philosophiques des textes. Animés par le désir de préserver et de commenter la science des anciens, les ouvrages de l’Anonyme sont un dépôt de fragments dérivés d’auteurs antérieurs. L’étude de ces témoignages conduira à la valorisation de l’ancien dépôt culturel que l’auteur a tenté de préserver et de systématiser. La volonté de systématisation des connaissances antérieures est également démontrée par la doxographie de l’alchimie compilée par l’Anonyme, dans laquelle l’auteur propose une généalogie des premiers alchimistes et les décrit comme « les nouveaux exégètes de Platon et d’Aristote », indiquant les racines philosophiques de la science alchimique.

Deuxièmement, les œuvres seront également étudiées comme un miroir de la culture scientifique coexistante avec l’auteur. Le Philosophe Anonyme révèle un intérêt épistémologique pour l’application de la structure mathématique aux opérations chimiques et établit une comparaison entre la science de la chimie et l’art de la musique, en utilisant les proportions harmoniques de cette dernière pour déchiffrer les phénomènes naturels de la première. L’étude de ces influences philosophiques et scientifiques permettra de contribuer à purifier l’alchimie de l’étiquette, désormais obsolète, de « pseudo-science » au caractère purement mystico-ésotérique : il faut affirmer que les spécialistes de l’alchimie avaient une solide institutio dans les disciplines du quadrivium et la philosophie naturelle.

flavio.bevacqua[à]phd.unipd.it / flavio.bevacqua[à]etu.sorbonne-universite.fr

 

Drappier Chloé

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Titre de la thèse : "La maternité dans les comédies d’Aristophane (titre provisoire)"

Co-direction : Mme Rossella Saetta Cottone (CNRS, Centre Léon Robin) et Mme Christine Mauduit (ENS)

Thèse soutenue en décembre 2024.

Résumé du projet de thèse :

Nous aurons à cœur de nous demander ce qui fait la spécificité du traitement comique de la maternité. Il s’agira de préciser la relation que l’auteur met en scène, à travers les personnages de mères, entre l’oikos et la polis. Aristophane représente en effet des femmes qui, largement cantonnées à l’oikos dans la société grecque classique, envahissent pourtant l’espace de la polis. Nous verrons comment la maternité dans sa dimension nourricière est au fondement de la légitimité du rôle politique comique des femmes, en interrogeant la relation qu’Aristophane entretient notamment avec la République de Platon. Le corps comique de la mère sera également analysé, à travers la question de la mise en scène du corps maternel et des jeunes enfants, à l’aide des sources iconographiques, qui nous permettront d’apprécier la représentation construite de la maternité, mais aussi des textes médicaux du corpus hippocratique, dans lesquels la maternité est présentée comme la preuve de la bonne santé de la femme. La transmission des caractères retiendra notre attention, car l’auteur représente souvent des pères qui ne se reconnaissent pas dans leurs enfants. Or, ce phénomène est un des traits caractéristiques de la race de fer dans la tradition hésiodique. Nous réfléchirons aussi aux phénomènes de la substitution d’enfants et de la bâtardise, à fort potentiel comique, qui touchent de près à la question essentielle pour la polis de la légitimité des enfants. La dimension paratragique des mères comiques devra également être appréciée, en mettant le texte d’Aristophane en rapport notamment avec les tragédies d’Euripide. Il s’agira, au cours de notre travail, de situer l’ensemble de ces questions dans le cadre d’une lecture suivie des comédies d’Aristophane afin de mesurer leur pertinence pour la compréhension du projet utopique de l’auteur et de sa poétique comique.

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